Cette recherche a pour objet la part manquante, entendue comme tout ce qui, dans le musée, échappe à l’oeil. Dès lors qu’une collection est mise en scène selon des critères de sélection, un angle historique et une hiérarchie plus ou moins explicite, d’autres narrations demeurent latentes. La part manquante désigne également les absences matérielles résultant du passage du temps —objets brisés, fragmentés — ou de l’histoire des circulations —œuvres déplacées, pillées, reléguées dans les réserves. Elle recouvre enfin la dimension immaterielle des objets —contexte, traditions, usages —, parfois réduite, volontairement ou faute d’informations, à l’invisibilité.
La scénographie muséale, en produisant des régimes de visibilité, peut véhiculer des visions antagonistes de l’histoire de l’art. Dans le contexte sensible que traverse le musée — pensée décoloniale, contextualisation, restitutions… —, la question de la responsabilité de la forme s’impose, révélant l’ambiguïté du rôle du scénographe face à la part manquante.
Cette recherche s’intéresse à la manière dont le cartel, la cimaise, la lumière, la matière, le parcours, le socle ou la vitrine orientent et structurent l’expérience de l’absence. Deux espaces scénographiés sont mis en regard: la Galerie du Parthénon du Musée de l’Acropole d’Athènes (Bernard Tschumi Architects, 2009), qui accueille la frise incomplète du Parthénon, et la Galerie des Cinq Continents du Musée du Louvre (Wilmotte & Associés, 2025), qui rassemble des œuvres issues de diverses provenances.
La performance Les Ombres (Compagnie Nacera Belaza), présentée lors de l’inauguration de la Galerie des Cinq Continents, prolonge cette réflexion à l’échelle du geste. Par leurs stratégies distinctes —à l’échelle de l’architecture, de la scénographie et du corps— ces projets témoignent du potentiel critique de la mise en scène du patrimoine et de sa capacité, dans certains cas, à infléchir le discours muséal.
Mémoire / mastère spécialisé Architecture et scénographies, École nationale supérieure d’architecture Paris-Belleville, 2026
Scénographie
Cette recherche a pour objet la part manquante, entendue comme tout ce qui, dans le musée, échappe à l’oeil. Dès lors qu’une collection est mise en scène selon des critères de sélection, un angle historique et une hiérarchie plus ou moins explicite, d’autres narrations demeurent latentes. La part manquante désigne également les absences matérielles résultant du passage du temps —objets brisés, fragmentés — ou de l’histoire des circulations —œuvres déplacées, pillées, reléguées dans les réserves. Elle recouvre enfin la dimension immaterielle des objets —contexte, traditions, usages —, parfois réduite, volontairement ou faute d’informations, à l’invisibilité.
La scénographie muséale, en produisant des régimes de visibilité, peut véhiculer des visions antagonistes de l’histoire de l’art. Dans le contexte sensible que traverse le musée — pensée décoloniale, contextualisation, restitutions… —, la question de la responsabilité de la forme s’impose, révélant l’ambiguïté du rôle du scénographe face à la part manquante.
Cette recherche s’intéresse à la manière dont le cartel, la cimaise, la lumière, la matière, le parcours, le socle ou la vitrine orientent et structurent l’expérience de l’absence. Deux espaces scénographiés sont mis en regard: la Galerie du Parthénon du Musée de l’Acropole d’Athènes (Bernard Tschumi Architects, 2009), qui accueille la frise incomplète du Parthénon, et la Galerie des Cinq Continents du Musée du Louvre (Wilmotte & Associés, 2025), qui rassemble des œuvres issues de diverses provenances.
La performance Les Ombres (Compagnie Nacera Belaza), présentée lors de l’inauguration de la Galerie des Cinq Continents, prolonge cette réflexion à l’échelle du geste. Par leurs stratégies distinctes —à l’échelle de l’architecture, de la scénographie et du corps— ces projets témoignent du potentiel critique de la mise en scène du patrimoine et de sa capacité, dans certains cas, à infléchir le discours muséal.
Mémoire / mastère spécialisé Architecture et scénographies, École nationale supérieure d’architecture Paris-Belleville, 2026